Des solutions plus humaines et immédiates doivent être proposées aux locataires sociaux, dont le logement nécessite des travaux de rénovation

Lors de la commission logement de ce jeudi 3 février, le parlementaire Fouad Ahidar a interpellé la Secrétaire d’État en charge du logement Nawal Ben Hamou concernant les procédures de relogement des locataires sociaux lors de la rénovation de leur logement. M. Ahidar a clairement plaidé pour que les locataires de logements sociaux puissent être relogés de façon systématique et que des procédures claires puissent être adoptées afin que ces derniers puissent bénéficier de conditions de vie décentes durant la durée des travaux. 

On se souvient tous du cri de désespoir des locataires sociaux du parc Peterbos bloc 16. Ces locataires, excédées, vivaient depuis plus de deux ans dans un chantier interminable qui affectaient leurs conditions de vie de manière importante. Il est aujourd’hui injustifiable que des locataires de biens sociaux ne soient pas relogés lors de travaux. Aujourd’hui, les personnes vivant dans les travaux ne sont pas des cas isolés. Un grand nombre de sociétés de logement à Bruxelles manquent de ressources ou de solutions, afin de garantir des conditions de vie décentes pour leurs locataires lors de travaux de rénovation. 

Fouad Ahidar : 

Il me revient de plusieurs locataires de logements sociaux bruxellois que lorsque les sociétés de logement social procèdent à des travaux de rénovation, le plus souvent de travaux urgents et lourds, les locataires sont amenés à vivre dans des conditions très compliquées. L’accès aux sanitaires est même parfois rendu impossible. Il n’est pas raisonnable ni humain de laisser vivre ses locataires dans de telles conditions. Comment peut-on concevoir de laisser des familles vivre dans des chantiers durant des périodes souvent indéterminées ? Comment est-il possible de rester vivre dans son logement lorsque les travaux rendent impossible l’utilisation des sanitaires ?

Des solutions raisonnables et humaines sont pourtant parfaitement envisageables. À titre d’exemple, le logement molenbeekois propose de reloger temporairement, et souvent pour des périodes de courte durée, leurs locataires dans des AirBnb afin que les familles puissent continuer à vivre dans des conditions plus décentes que celles d’un chantier. 

Fouad Ahidar:

Il serait opportun de disposer de plus de logements de transit et d’urgence. Afin que ces derniers soient mis à disposition, de façon temporaire, à des locataires de logements sociaux lors de travaux de rénovation. Les situations d’urgence en matière de logement sont de plus en plus courantes en Région bruxelloise. Il est dès lors urgent d’intensifier nos efforts au niveau régional et communal afin d’accroître le nombre de logements de transits et d’urgence. Les politiques mises en place sont à ce jour encore insuffisantes vu le nombre de personnes nécessitant une solution de logement transitoire en région bruxelloise. 

En réponse à l’interpellation du parlementaire Fouad Ahidar la secrétaire d’état Nawal Ben Hamou a rappelé le caractère réglementaire des procédures de relogement des locataires sociaux. En matière de solutions de relogement elle y évoque que dans "le cadre de la stratégie de relogement, certaines SISP ont introduit une demande de désaffectation de logements sociaux, pour en faire des « logements relais » pendant une durée déterminée pour les locataires dont les logements subissent des travaux en site occupé.” Plus encore, l’article 57 de l’arrêté du 26 septembre 1996 prévoit également la possibilité pour les sociétés d’accorder une diminution de loyer en raison d’une privation partielle de jouissance du logement loué.