« Une première journée d'école sans crainte »

Fouad Ahidar fait 5 propositions contre le harcèlement scolaire

Fouad Ahidar demande qu’une attention particulière soit portée au harcèlement dès les premiers jours d’école. À travers 5 propositions, il veut aider les équipes pédagogiques à reconnaître et à intervenir vis-à-vis du harcèlement : une grande campagne de sensibilisation (impérativement en début d'année scolaire), une équipe d'intervention rapide multidisciplinaire, des chiffres pour quantifié l’ampleur du problème, une formation supplémentaire et des mesures disciplinaires plus claires.

Partout en Belgique, la cloche de l’école sonne le glas des vacances. Le temps d'un court baiser d'adieu que déjà nos petites têtes blondes sont occupées à explorer leur nouvelle classe et de revoir leurs amis après des vacances ensoleillées. Pour la plupart des élèves de l'enseignement primaire et secondaire, ce sont des journées aussi passionnantes qu’amusantes. Pour d'autres, ce sont des moments effrayants. Parce que c’est lors des premières semaines d'école que les groupes se forment et que l'exclusion commence ou l'intimidation peut reprendre de plus belle.

1 jeune flamand sur 6 est victime de harcèlement pendant son enfance. Cela concerne près de 200 000 (!) enfants et jeunes. Les étudiants victimes d'intimidation sont 3 fois plus susceptibles de tenter de se suicider. Le harcèlement façonne des vies. Elle a une influence fondamentale sur le bonheur, la réussite et le développement social. Les équipes pédagogiques sont aujourd'hui débordées, si tant est qu'elles soient complètes. Chaque jour, ils font de leur mieux. Et pourtant, chaque année, j'espère qu'au cours de ces premières semaines, une attention particulière sera portée à ceux qui sont exclus.

Soyons clairs, énormément de choses sont déjà mises en place. Les jeunes peuvent prendre contact avec les nombreux enseignants engagés et les conseillers confidentiels de l'école, le CLB, le centre d'écoute des jeunes (JAC) ou la ligne téléphonique des jeunes Awel. Lors des formations des enseignants, ils apprennent ce que sont des comportements intimidants. De plus en plus d'écoles et de conseils de parents mettent en place des groupes de travail sur le bien-être psychosocial. Des signes encourageants d’un déclin de l’intimidation se font ressentir. Les quatre points de la « semaine anti-harcèlement » n’y sont assurément pas étrangers.

Fouad Ahidar (one.brussels) :

« Chaque enfant harcelé est de trop, aujourd'hui 10.000 enfants et jeunes en sont encore victimes. Malgré les permanences téléphoniques, 1 élève harcelé sur 4 n'en parle à personne. Sur ceux qui en parlent, 40% n’en disent rien à leurs enseignants. Les mécanismes d’intimidation sont souvent si complexes et peu visibles qu'un enseignant n'a pas les outils pour agir. La semaine anti-harcèlement est merveilleuse, mais elle n'a lieu qu'en... février, lorsque les groupes se sont déjà formés et que l'intimidation est déjà un rituel bien ancré. »

L'éducation fait face à d'immenses défis, de la pénurie d'enseignants aux boîtes à tartines vides. Néanmoins, Ahidar espère que la lutte contre le harcèlement sera également en tête de l'agenda des décideurs politiques, des équipes scolaires et des parents. Il présente donc une résolution contre le harcèlement au Parlement bruxellois qui combine plusieurs propositions :

« Nous voulons une 'équipe d'intervention rapide' contre le harcèlement, comme cela existe déjà en Wallonie. Il s’agit d’une équipe pluridisciplinaire qui arrive sur place après un signalement pour trouver une solution contre le harcèlement moral grâce à une médiation. Ce qui a aussi pour effet de soulager l'école. De telles interventions pourront alors être quantifiées : le manque d'inscription précise auprès, par exemple, du CLB ou du CAW entraîne un flou trop important du problème de harcèlement. Davantage de professeurs et de parents doivent être formés à la reconnaissance et à la résolution du problème de l’intimidation. Trop souvent, cela dépend de la bonne volonté ou de la capacité d'une école à intervenir. Il nous faut aussi oser parler de mesures disciplinaires plus claires et d'un contrôle plus actif de la sécurité sociale à l'école. »

En matière de sensibilisation, dès le 1er septembre, l'accent doit être mis sur une classe où chacun se sent à l'aise et en sécurité, selon Fouad Ahidar (one.brussels) :

« Ce que nous pouvons faire, c'est mettre en place une grande campagne dès la rentrée qui rassemble tout le monde - des élèves à l'équipe pédagogique en passant par les parents. Tous ensemble contre le harcèlement. Car le harcèlement et l’exclusion commencent aujourd’hui. Faisons plus de place à la tolérance, au respect et à l'amitié. Ce sont aussi des valeurs à transmettre à nos enfants. »